Voici une présentation de mes tableaux, je vais faire de mon mieux pour partager avec vous les phases de recherche, la démarche qui accompagne chaque œuvre. Je trouve qu’il est intéressant de voir tout le cheminement qui donne lieu à la production finale. Je n’y pense pas toujours, dans ces moments-là, car je suis dans ma bulle, dans ma tête, et je ne songe pas forcément à partager cela alors que certaines personnes aiment connaître l’histoire qui accompagne l’œuvre.

Il faut savoir que j’écris beaucoup sur mes ressentis, sur ce qui m’interroge. Je prends souvent des notes sur mon téléphone que je retranscris ensuite dans mon carnet, car j’aime plus que tout le graphisme, le geste de l’écriture. Je suis une grande nostalgique et même si je vois des aspects pratiques aux technologies, je reste une amoureuse inconditionnelle de l’écriture manuscrite, du papier, des livres papier, du beau papier, des jolis crayons, de l’encre, cela me procure plus de sensations que de pianoter sur mon clavier de téléphone ou d’ordinateur.

Bref, être artiste et artiste peintre aujourd’hui, c’est pour moi essayer de rester connectée à ma sensibilité, à mes sensations dans un monde qui cherche parfois à uniformiser et qui tend à nous déconnecter de nous-même.

Avant de me lancer sur une peinture, je relis mes écrits, j’aime trouver des citations inspirantes sur les sujets qui m’interpellent. La peinture est pour moi un exutoire émotionnel, il revêt un aspect méditatif. Au démarrage je suis traversée par de multiples émotions, pensées, puis au fil de ma peinture j’oublie tout, je suis dans mon élément, transportée par la pratique, par les gestes, le mélange des couleurs sur ma palette, c’est un moment très satisfaisant. J’adore créer de nouvelles couleurs, faire des mélanges, c’est très instinctif chez moi, j’aime vraiment faire ça. Trouver la bonne couleur, celle que j’avais en tête, voir les couleurs se mêler entre elles, puis tester sur un bout de papier voir si le rendu est le même que sur ma palette, rectifier, ajouter une touche de couleur en plus. Il en est de même du choix des pinceaux, je choisis instinctivement mes pinceaux en fonction du rendu que je recherche. J’ai parfois trois pinceaux dans une seule main, calés entre mes doigts, un autre coincé entre mes dents (pas très académique comme méthode). Je me mets de la peinture dessus quand je peins, je fais tomber un pinceau, je marche dans la peinture fraîche, j’en mets partout, ce sont les moments où on peut m’entendre râler dans mon atelier. J’aime écouter le bruit des pinceaux sur la toile, la peinture remplir les poux, j’aime l’énergie que cela demande et voir le tracé qu’ils produisent. J’ai pour habitude de terminer ma palette dans mon cahier, je déteste gâcher la peinture. Le moment le plus pénible c’est le moment de laver les pinceaux, il faut être précautionneux pour ne pas abîmer les soies des pinceaux (les poils), cela peut s’avérer fastidieux lorsqu’on a utilisé une dizaine de pinceaux clairement.

Voilà quelques instants de mon quotidien d’artiste peintre que je partage avec vous.